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Nom du blog :
ithaque812
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Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
31.12.2007
Dernière mise à jour :
14.07.2008
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L'attente

Posté le 28.01.2008 par ithaque812
S'il m'était donné d'apparaître
Comme le Doge en son balcon,
Ce serait sous ces frondaisons
Que je choisirais de paraître.
Cinq, puis sept, à même la pierre
Menant au trône sans lettrine,
Que la tiare seule enlumine
Dans l'ennoblissement des lierres.
Là, à l'aplomb de l'estacade,
Soc en espérance de combe,
Arche en espoir de sa colombe,
Il attend, ancré dans sa rade.
Il attend le pas qui maîtrise
Mais s'épuise de son savoir,
La paix, la vigueur, l'encensoir
Dans le geste qui fraternise.
Plus fort que le dédain des mitres,
Ayant l'éternité pour lui,
Il peut se faire tout petit
Pour peu qu'un coeur le délimite.
Ainsi, ayant passé le cap
De six siècles d'abandon calme,
Avec le chêne pour ses palmes
Et les gorges pour seul hanap,
Il fait à la vaste rivière
La confession de son grand soir.
Cinq, puis sept, à même la pierre,
Et l'humilité de s'asseoir...



--

Matrice

Posté le 28.01.2008 par ithaque812
Chaque cellule de l'oiseau
Est une entrée dans le mystère.
Le mot s'entiche de se taire
Et le silence de roseaux.
Le chut ! universel assemble
Et réunit tous les divers.
L'été s'entiche de l'hiver
Dans l'atome qui les transcende.
Et moi, Voyageur, d'île en île,
En cabotage de serments,
Je dis vrai autant que je mens
Dans ma crainte d'inaccessible.
La peur, au vrai, n'a pas de mât,
La frayeur jamais n'appareille,
Et je dormirai sous ma treille
Parce que ma treille m'attend moi,
Personne d'autre... Oh, la patience !
La soeur jumelle de l'action !
Chaque abîme du papillon
Est une entrée dans l'existence.

L'enchantement

Posté le 28.01.2008 par ithaque812
A Longagne, où elle s'enracine,
La sente de mousse et de bois
Livre au lent désidérata
L'émerveillement des fascines.
La source, murmurant mirage,
S'enterre, et ressurgit plus loin,
Et c'est d'homme, et c'est de ses mains,
Lit, flancs, et le ciel de l'étiage.
Nymphes y sont fraîches, en sylve froide,
A y lorgner l'oeil de l'humain
Sous la pierre, armée de fusain,
Que l'eau lèche de langue roide.
Y sont-elles ? La tête pense
Et sitôt la nymphe apparaît,
Mais long le tunnel, et drapé
D'un secret chuinté de silence.
Silence, car ainsi du temps
Que la forêt nourrit sans cesse !
Déjà la montagne nous presse
Et l'empreinte va s'évadant.
On repart. Pourtant on y reste
D'un désir qu'on n'a pas comblé.
Le coucou, en coin de fourré,
Vous effraie d'un coup d'aile preste.
Où va-t-il ? Où ?... L'enchantement !
Royaume d'eau, d'herbe et de pierre,
Je ferai le tour de la terre,
Mais j'y retournerai souvent.

Amer

Posté le 27.01.2008 par ithaque812
Des vignes tombant dans la mer,
Là où la mer sa rive baise,
Le pampre en guise de falaise,
Rais de ceps en guise d'aber...
J'ai passé la porte marine
Que les marins croyaient perdue,
Le vent souffle où je ne suis plus,
Et moire le revers des vignes.
Hélas, que ne me suis-je tu...
Grappes, à portée de Polyphème,
Que la raison à ma vertu
Aurait sauvées de mon blasphème,
Pour vous, que ne me suis-je tu !
Des vignes, et des moûts capiteux
Que pressent de leurs pieds calleux
Tout ensemble, servante et reine,
Vignes allant à la mer sereine
En ondulements de tortues !
Il fait beau, où le coeur me serre...
Je me suis fait mauvais larron
Par fatuité, et pour me plaire,
Et sans espoir de guérison.
Des vignes tombant dans la mer,
Là où la mer sa rive baise,
Ils sont morts dessous la falaise,
Et je remonte seul l'aber.

Donnant donnant

Posté le 27.01.2008 par ithaque812
Donnant donnant, sous le fer et la houle,
A l'heure obscure où le soir se dédit,
J'ai vu l'oiseau, ennemi de la nuit,
Mourir au choc de la vague qui roule.

J'ai vu l'espoir, à la mâchoire ouverte,
Offrant son coeur au grand large ambigu,
Mourir d'amour d'une fille des rues
A la peau blanche, à la prunelle verte.

J'ai vu périr, coup sur coup, deux fichus
De l'invisible étoffe de mes songes,
Et du rocher, comme goutte qui plonge,
La mousse absente et la douceur échue.

J'ai repris pied. Quel marin, à descendre,
N'a jamais craint ne reprendre la mer ?
Donnant donnant, dans la houle et le fer,
J'ai vu l'oiseau renaître de sa cendre.

A grand peine...

Posté le 27.01.2008 par ithaque812
C'est trop épique que je tends
Le pique au fard de ma lanterne,
Duc vibrant à l'orée des vernes,
Carreau sur fond d'hiver brochant.

Mais je m'astreins, semé d'un doute,
A ne pas douter un instant,
N'ayant rien que je ne redoute
Que mon passé dans mon présent.

Je lorgne, laisse, et la main passe.
Sait-on vivre des vies d'autrui ?
Ulysse, aux lèvres qui l'embrassent,
Porte un rêve d'amour détruit.

Caresse

Posté le 16.01.2008 par ithaque812
L'étoile, rouge encore d'une nostalgie vague,
Ebarbée d'horizons marins,
Fuselée, filigrane à graine de fusain,
Plus que la pointe d'une dague,

Donnait à l'hippocampe un flanc d'or et de nuit.
Midi sonnait aux cathédrales
D'un jour qu'une autre étoile ouvrait dans l'infini
Comme un feu grégeois dans les voiles...

Moi, j'attendais qu'enfin quelque chose m'arrive.
Mon ciel mirait, en haut du lac,
Son ondoiement laiteux ennemi des ressacs
Dont l'absence irradiait la rive.

Et l'étoile, ébarbée d'un horizon marin,
Rouge encore de mes nostalgies,
Dispersait lentement les franges de sa vie
D'un bleuissement de la main.


Kingdom

Posté le 15.01.2008 par ithaque812
"Kingdom of Asturias"... A l'âge où l'on s'amuse
Et s'insoucie de tout, je suivais, fasciné,
La frontière ondoyant en son mouchoir grisé
Dont je m'intrônisai roi, aède, et la muse.

J'étais Pélage. Un pont franchissait la rivière.
Sous l'oriflamme bleue qui me noyait le coeur
Je sertissais mon but, écrinais mon ardeur,
Dans l'oraison gonflant le front de nos bannières.

J'allais, nous allions tous, n'en pouvant plus d'attendre,
Réfrénant d'éperons l'élan de nos chevaux,
Tout harnachés de foi, repartir à l'assaut
De la terre envahie renaissant de ses cendres.

J'étais Covadonga à moi seul. J'étais prince,
Héritier, fondateur... La fin et le début !
Riche d'avoir un jour ma richesse perdue,
Fier d'un orgueil nourri du deuil de vingt provinces !

Je m'en souviens encore comme si c'était hier.
Le lourd atlas, les mots anglais, les ombres parme,
Le tapis sur lequel je fourbissais mes armes
Dans un chuchotement de maison de grand-mère...

J'étais silencieux, ayant l'âme guerrière.
Tout se taisait autour de moi. Seuls, par instants,
Parvenaient du jardin les cris d'autres enfants
Dont je me surprenais à me savoir le frère.

Je ne fus pas enfant à l'âge où l'on doit l'être.
Je mûrissais en moi des rêves d'âges mûrs,
Et mes petits souliers tambourinaient le mur,
Au revêtement bleu, de galops millénaires.

Echo...

Posté le 15.01.2008 par ithaque812
Opalescence. Une âme avait surgi d'un rien.
Au meneau du palais au long corridor rouge
Le soleil ciselait, comme avec une gouge,
L'étincelant larmier d'un regard très ancien.
L'Origine. L'Alpha... Le point où se déclinent
La naissance d'Ulysse et celle de son chien,
L'hommage de la vague au mascaret lointain,
Et la perle vivante au pressoir de la vigne.
Les hommes et les femmes, en s'épousant, tenaient
Dragée haute à la mort aux mains acrimonieuses.
Et dans l'âme d'un rien se lovait, victorieuse,
L'envie d'être enivrée d'un rêve de clarté.

Ephémère

Posté le 13.01.2008 par ithaque812
Une langue de feu, de fumée, qui serpente
Avec la sûreté des rivières et du roc,
Eternelle éphémère, et de taille et d'estoc
Se ravisant sans cesse et toujours murmurante...
L'élégance, parfum d'un eucalyptus rare,
Se noue dans ses cheveux irisés de levant.
Silence à l'intérieur. Et chevauchées du vent,
De vitesses de ouate en baisers de pirates.
Vis-à-vis, confondus, l'ubac et l'adret donnent
Au fleuve échevelé l'amorce d'un berceau.
Mais au bleu dominant l'amorce, dans le chaud
Et rouge embrasement du soleil, vert, s'étiole.
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