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Nom du blog :
ithaque812
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Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
31.12.2007
Dernière mise à jour :
14.07.2008
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L'empreinte

Posté le 27.02.2008 par ithaque812
Comme l'A qui ne s'aventure,
En dépit des protestations,
Qu'en faîte de constellations
Dans une ramée de voilures,

Je me suis souvenu trop tard
De ceux qui me furent fidèles...
Fugacité de l'hirondelle
En nonchalance de renard.

Vivacité de l'étincelle
En vêture de nénuphar,
Je me suis rappelé, ce soir,
A la douleur qui m'ensorcèle...

Tel le Z qui s'illusionne
D'une évidence sans demain
Et des perles, sur le chemin,
Qu'égrène une patte de lionne.



--

L'atlas distrait

Posté le 22.02.2008 par ithaque812
Cresques Abraham n'eut point mémoire
Qu'un jour Ulysse avait vécu...
Nul souvenir n'en est venu
Moucher le grain de son grimoire.
Liberté des points, cardinale
Abdication des habitus,
Ton vélin craignit-il qu'en sus
Un païen rivât vos annales ?
Seul, roi d'Ithaque à la sinople
Rive de cyprés, survivant
De l'opprobre du dieu des vents,
Frère en épopée de l'Apôtre,
T'a-t-il point, rêve catalan,
Fait plus que tu te fis toi-même ?
L'oubli d'Ulysse est un blasphème
Pour qui s'applique au portulan.
Lui, mort depuis longtemps, poussière,
Pousse encore, en son quelque part,
Au dahabieh comme au drakkar
Dont il contournera la terre.
Oh, Cresques Abraham, ta mémoire
T'aura joué ce vilain tour !
Nul ne gomme un Roi de retour
Dont l'avenir bégaie l'histoire...

Relais...

Posté le 21.02.2008 par ithaque812
Rustichello s'endort, la joue baignée de lune.
Son compagnon, assis à l'angle de son lit,
Songe... "De quoi, Pisan, sont donc faites nos vies,
Plus mouvantes en leurs jours que l'errement des dunes ?
De quoi sommes nous faits, incarcérés d'aurore,
Alors que l'hier seul comble notre aujourd'hui...
Que notre espoir n'est rien s'il n'est assujetti ?
De quoi sommes nous faits, pour croire d'être encore ?"
Cathay s'est éloignée, noyée de crépuscule.
Le long Devisement, tunique interrompue,
Git au coeur de celui dont les yeux ne voient plus.
On entend, vers le port, les pontonniers qui hurlent.
"Guerre, paix... La violence a serti notre siècle
En un pommeau de fer. Ici comme là-bas.
J'ai vu, sur la Muraille, en un jour de combat,
Mourir trois fois le Ciel et quatre fois renaître !
Perle surprise au front de Kubilaÿ, prends garde !
Je te donne en échange une âme de drapier...
Tu as tort, cependant, de n'y point regarder.
L'enluminure seule est digne qui te farde.
Et moi, Marco, venu de Venise la Belle,
Pour l'honneur ambigu de vivre sous son pas,
Je ne me rendrai guère, et je ne plierai pas,
Qu'un autre mette à flots trois neuves caravelles !"

Vision

Posté le 15.02.2008 par ithaque812
L'elfe, mi-parti roux et blanc,
De Genevoix dans son Bestiaire,
A fait fraise d'ambre et lumière
A la cime ombrée par le vent.

Flèche à chiffre d'ondulation,
Carreau pommelé de hardiesses,
Il file un chemin de traverse
Sans une once d'hésitation.

Des plages à rocailles de Grèce
Où les pins riment avec lui
Aux vertiges des Laponies
Où la neige lui est traîtresse

Il se souvient de n'être que
Le trait rouille d'inattendu,
Et le point, juste suspendu
A l'ombre rouge de sa queue...

je suis, dans ce hameau...

Posté le 15.02.2008 par ithaque812
Je suis, dans ce hameau, auprès de la fontaine,
Le dernier général d'une armée sans défaut.
Portant ses bataillons comme manie sa faux
Le paysan noueux, prodique de sa peine,
Je suis, dans ce hameau, auprès de la fontaine,
Le dernier général d'une armée sans défaut.
Elle s'était égaillée dans les abris de toile
Que reflétait, mouvant, le miroir des ruisseaux.
Je suis seul, sourd encore du hurlement des mots,
Ivre de ma victoire et de ma bonne étoile.
Où reposent-ils tous à ce jour ? Las, s'égrènent
Les noms des hommes mûrs qui goûtaient leur repos...
Car je suis, aujourd'hui, auprès de la fontaine,
L'unique survivant de l'épi sous la faux.
La mitraille a haché, sous son abri de toile,
L'armée qui s'était crue une armée sans défaut,
Et je suis, pour n'avoir pas fait sonner la diane,
Le dernier général d'une armée de tombeaux.

Elle

Posté le 15.02.2008 par ithaque812
Je m'étais, d'un fichu léger,
Couvert la tête et les épaules.
Le soleil ondoyait les saules
Et les ombres s'ensommeillaient.

Il faisait chaud. Je n'étais seule
Qu'au prix de grandes discrétions.
Dans un vacarme de grillons
Je marchais, de mon pas d'aïeule.

J'allais voir la plage, à nouveau,
Jonchée de gravats invisibles,
Où peut-être que la Sybille
Lirait la perte du héros.

Tant d'années déjà... Ô pourquoi
Ne m'être pas, comme tant d'autres,
De leur voix de mauvais apôtres,
Dit : "Tu ne le reverras pas" ?

Ni ce jour, ni demain... Sans doute
Jamais. Moi seule, et Télémaque,
Toujours meurtris de leurs attaques,
Gagions sur l'issue de sa route.

Aujourd'hui qu'après quatre lustres
Mon espérance est achevée,
D'un linceul de fidélité
Je la couche, auprès l'Homme Illustre.

Et, fussé-je moquée de tous,
Moi Pénélope, souveraine,
Pour l'homme par qui je fus reine,
Ne leur cèderai pas d'un pouce.

Absence

Posté le 11.02.2008 par ithaque812
Ô, les rives en leur rêve unique !
Leur pierreuse gemellité !
J'aimais, petit, m'imaginer
Frère vif d'un mort identique.

J'entendais des bruits inconnus
De voix qui m'étaient familières.
Je ne craignais pas les sorcières
Ayant deux âmes en mon écu.

J'avais comme fierté secrète
La vanité des survivants
Mais que brouillait, au même instant,
La vanité du verbe naître.

Nostalgique d'un qui, sans être,
N'était que par ma nostalgie,
Je ne fuyais en rêverie
Qu'en correcteur de ce peut-être...

Ah, qui dira ce qu'ont de vrai
Les sensations qui nous font homme.
Je n'étais qu'un petit bonhomme,
D'un double absent inconsolé.

A demi...

Posté le 06.02.2008 par ithaque812
On ouvre la porte à demi,
On s'avise des lourds arômes
Que le ciel transporte, et des pluies
Dont la marée fait grâce à l'homme...
Et l'amer, le baiser marin.

On se retire, on se rétracte,
On se réfugie dans un pli
De rideau, et le second acte
Commence. Ô l'heure où la vigie
Alerte au rivage voisin !

Elle est belle, Ulysse, la plage
Que les laideurs t'ont réservée !
Nul n'aura vaincu ton courage
Que tu voies donc cette journée
Posant un sceau sur ton destin !

Nul ! Ni l'aveugle Polyphème,
Ni les sirènes, ni les dieux,
La prière ni le blasphème
N'auront fléchi l'arc sourcilleux,
L'âme de ton vouloir d'airain !

On ouvre la porte à demi,
On s'avise des lourds arômes
Que le ciel transporte, et des pluies
Dont la mer fait la grâce à l'homme...
Et le pied, sur le sable fin.

Bruissement

Posté le 03.02.2008 par ithaque812
Ô le moutonnements arborescents du rêve,
Le travail mystérieux de l'arbre et de la sève
Et le haut des névés dans l'attente du soir !
On ne devient jamais que son propre miroir
Et le miroir n'est rien que ce qu'on y décèle...
Passé, présent, futur, l'un à l'autre s'enchaînent,
Et leur chaîne à une autre, et n'aura pas de fin.
L'épousaille d'hier à l'ombre de demain
Fait le fruit d'aujourdhui que le pressoir révèle.
Penche-toi sur le puits profond de ta personne.
Fais, comme les étoiles, office de candeur.
Oblige ton regard à trouver le bonheur
Et cueille, de ta main, l'adieu de Perséphone.
Il est tard aujourd'hui, quelque heure qu'il puisse être.
Scrupuleux de toi-même, avide pèlerin,
N'attends pas un instant pour te mettre en chemin,
Détache le ruban qui flotte à ta fenêtre !
L'étrave, la bannière, et l'ondoiement des pas
Que tu imprimeras sur le flot poussiéreux
Te tiendront lieu de tout, et tout te tiendra lieu
De soutien à ton pas, d'étrave ou de bannière.
Rien ne se perd jamais, mais les gains sont immenses !
Espère ! Croie ! Engage encore plus avant
La force de ta foi, la foi de tes serments,
Et fais-toi, dès ce jour, un chemin qui avance !

La brêche

Posté le 30.01.2008 par ithaque812
J'ai sonné l'olifant de Roland dans sa brèche.
Les forêts avaient donc tant de secrets pour moi,
Et le froid, mors fébrile, avait donc tant de poids
Pour qu'au matin m'effraie le cri de la chevêche ?

Lui, au loin, les échos ne l'auront pas trahi.
Nul Ganelon, ce jour, pour tromper sa méfiance.
Honnis tous, honnis soient tous ceux qui mal y pensent !
Les fils de Carloman n'ont rien à faire ici...

La falaise est ouverte et la rivière chute.
Folles, les cataractes infimes m'ont giflé,
Et si je n'ai pas su mon gonfanon garder
Le val qui m'est linceul fut témoin de ma lutte.

J'ignore à quel appel je serai la réponse.
Les bois, les bois touffus, ont étouffé ma vie
Sans que mon âme ait su percer mon ennemi,
Et sans que nul savoir l'ait alourdie d'une once.
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